PARAGES

Été au jardin (6)

La maison sent le bois chaud
et mes souvenirs
Tombent en poussière

Cisailles à la main

face au jardin ensauvagé

par où commencer ?

La bulle de mes rêves
sous la piqûre d’un moustique
éclate

L’été au jardin

L’été au jardin

Dans le lourd silence
des après-midi d’été
le temps qu’il me reste

Été au jardin (5)

Été au jardin (5)

Par-delà la haie
Les derniers feux du couchant
Sur les blés coupés

Dans l’ombre du soir
Une alouette chante encore
Le passé, si loin

Olivier Adam

Qu’il s’agisse d’écrire ou de lire tout est affaire de présence. Et c’est à cela que nous invite le haïku : accroître notre présence, densifier notre rapport au réel, aux autres, à nous-mêmes. Habiter poétiquement le monde, en somme. Rien de plus contemporain. Rien de plus moderne. Rien de plus urgent.

Été au jardin (4)

Pas sur le gravier

sous le ciel jonché d’étoiles

un oiseau de nuit

Fraîcheur de la nuit
à cette dernière cigarette
j’ai su résister

Calme infini
seul le chant d’un grillon triste
dans la nuit du 15 août

Été au jardin (3)

Brûlure d’orties
griffures de ronces
– feu du jardin sur ma peau

Mon jardin si calme 
je l’ai regardé longtemps 
glisser dans la nuit

Dans la nuit sans lune
rien que l’appel obstiné
de la chouette Effraie