Le vert est fade, froid, humide fraîcheur des mousses et des gazons anglais, clarté d’aquarium du sous-bois, étangs morts tapissés de lentilles d’eau, murs tournés au nord, courettes humides scolopendres des puits, terne duvet des bols d’hiver entre les rideaux de claire-voie des arbres émaciés. Sons sens ne nous trompent pas. On frissonne. Une impatience nous prend de sortir, de retrouver la gloire de l’été, l’or des moissons, le soleil.
PARAGES
L’été au jardin (2)
Au fond du jardin
terre à peine remuée
– la tombe d’un chat
au bord du bassin
né d’un oiseau assoiffé
jeune merisier
La lune se hisse
jusqu’au-dessus des arbres
que j’ai plantés
l’été au jardin
Plus silencieux
que mon pinceau sur la toile
passe un hérisson
Les moustiques attaquent
je me range à leur avis
la toile est finie
Printemps au jardin (8)
Étroite lucarne
je me suis tordu le cou
mais j’ai vu la lune
Printemps au jardin (7)
J’avance d’un pas
un autre grillon se tait
– chants inaccessibles
Printemps au jardin (6)
Mauvais rêve – mon cri
le rossignol qui chantait
l’a t-il entendu ?




