PARAGES
Été au jardin (11)

Été au jardin (11)

Silence de mort
sur la plaine incandescente
après les moissons

Entre les bambous
nous ouvrons à la cisaille
un nouveau chemin

Été au jardin (10)

Été au jardin (10)

Sur la pierre brûlante
seule la gorge du lézard
à peine palpite

Derrière le volet
elle dort cette année encore
la chauve souris

Été au jardin (9)

Été au jardin (9)

Fraîcheur du matin
vifs, jaunes, d’un arbre à l’autre
le chant des loriots

Aux pois de senteur
les papillons enivrés
ajoutent des ailes

L’été au jardin (8)

Septembre – dans les bambous

les pigeons essayent encore

de construire leur nid

L’aster a éclos

et je reconnais ce mauve

depuis vingt années

Jardin délaissé
il mûrit pour les oiseaux
le raisin patient

L’Été au jardin (7)

L’Été au jardin (7)

Au pied du bouleau
ce tapis de feuilles jaunes
quand est-il tombé ?

Les oiseaux se taisent
sur le jardin assoiffé
seul le pigeon veille

Sôseki

Sôseki

Il ne s’agit pas de projeter le monde. Il suffit d’y poser son regard directement, c’est là que naît la poésie, c’est là que le chant s’élève. Même si l’idée n’est pas couchée par écrit, le son du cristal résonne dans le coeur.
(Oreiller d’herbes)