My Blog
Olivier Adam
Qu’il s’agisse d’écrire ou de lire tout est affaire de présence. Et c’est à cela que nous invite le haïku : accroître notre présence, densifier notre rapport au réel, aux autres, à nous-mêmes. Habiter poétiquement le monde, en somme. Rien de plus contemporain. Rien de plus moderne. Rien de plus urgent.
Été au jardin (4)
Pas sur le gravier
sous le ciel jonché d’étoiles
un oiseau de nuit
Fraîcheur de la nuit
à cette dernière cigarette
j’ai su résister
Calme infini
seul le chant d’un grillon triste
dans la nuit du 15 août
Été au jardin (3)
Brûlure d’orties
griffures de ronces
– feu du jardin sur ma peau
Mon jardin si calme
je l’ai regardé longtemps
glisser dans la nuit
Dans la nuit sans lune
rien que l’appel obstiné
de la chouette Effraie
Bergounioux
Le vert est fade, froid, humide fraîcheur des mousses et des gazons anglais, clarté d’aquarium du sous-bois, étangs morts tapissés de lentilles d’eau, murs tournés au nord, courettes humides scolopendres des puits, terne duvet des bols d’hiver entre les rideaux de claire-voie des arbres émaciés. Sons sens ne nous trompent pas. On frissonne. Une impatience nous prend de sortir, de retrouver la gloire de l’été, l’or des moissons, le soleil.
L’été au jardin (2)
Au fond du jardin
terre à peine remuée
– la tombe d’un chat
au bord du bassin
né d’un oiseau assoiffé
jeune merisier
La lune se hisse
jusqu’au-dessus des arbres
que j’ai plantés
l’été au jardin
Plus silencieux
que mon pinceau sur la toile
passe un hérisson
Les moustiques attaquent
je me range à leur avis
la toile est finie

