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Philippe Forest

Philippe Forest

Le Haïku n’est l’expression d’aucune sagesse, juste une incision très légère faite dans la trame du temps, la césure nette et infime par où se laisse apercevoir la vrille d’un vertige ouvrant sur nulle part, précipitant le passage du présent puis le suspendant sur la pointe insignifiante d’un seul instant.


Jardin d’hiver (3)

Premier jour de l'an la branche à peine effleurée douche de givre Ce chuchotement, c’était la pluie sur les tuiles avant mon réveil Le chien n’aboie plus le crépitement du feu – si peu Jardin d'hiver

Jardin d’hiver (2)

Vacarme du soir
pour l’abri des bambous
les étourneaux se disputent

Nuit de tempête
chant des bambous tourmentés –
en guise de vagues

Lune de décembre
à l’estampe du jardin
pas un trait ne manque

Aragon

Aragon

Tout le bizarre de l’homme et ce qu’il a en lui de vagabond et d’égaré, sans doute pourrait-t-il se tenir dans ces deux syllabes : jardin

Jardin d’hiver

Jardin d’hiver

Matin de givre huit envols d’étourneaux et puis le silence  Bambous pris de givre quand l’oiseau s’est tu crépitent  Lune de décembre à l’estampe du jardin pas un trait ne manque  Jardin d'hiverChanger de route

Automne (4)

Automne (4)

Derniers coups des fusils
leurs longs échos
tranpercent la fin du jour

Loin de mon jardin
perdu jusqu’au souvenir
du parfum du monde