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Printemps
Vert déplié
aux branches noires des bouleaux
depuis ce matin
Les tilleuls du mail
se sont grimés de vert tendre
en une seule nuit
Sur l’allée du cimetière
un tapis de fleurs d’érable
sous mes pas, soupirs
Le printemps arrive …
hiver (9)
Frissons sur la flaque
qui font trembler les nuages
soleil de mars
Soudain le tonnerre
le ciel est blessé, il saigne
bref drame de mars
La grêle attendue
ouvre une brèche au couchant
la lumière enfin !
Roland Barthes
Il s’amincit jusqu’à la pure et simple désignation : “c’est cela, c’est ainsi”, dit le haïku, ou mieux encore : “Tel!” dit-il, d’une touche si instantanée et si courte que la copule y est encore de trop, comme le remords d’une définition interdite, à jamais éloignée. Le sens d’un flash, une griffure de lumière.
Roland Barthes (…)
Le Haïku n’est pas une pensée riche réduite à une forme brève, mais un évènement bref qui trouve d’un coup sa forme juste.
Hiver (8)
Les regrets s’étirent
Le long des rails infinis
puis le train s’ébroue
Les errants des gares
embrassent leurs enfants-chiens
leurs lèvres percées
J’ai fendu la foule
parvis de la Gare du Nord
traversée d’Afrique

