Printemps au jardin (5)
Il frappe au carreau
le moineau parti en guerre
contre son reflet
Premier papillon
j’ai suivi des yeux son vol
-indécision jaune
Lever de lune
jusqu’au sommet des arbres
sans la quitter des yeux
Il frappe au carreau
le moineau parti en guerre
contre son reflet
Premier papillon
j’ai suivi des yeux son vol
-indécision jaune
Lever de lune
jusqu’au sommet des arbres
sans la quitter des yeux
Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre public les résultats de sa propre autopsie. Il y a pour cela divers moyens. Mais le plus simple est de résumer en dix sept syllabes tout ce qu’on trouve à portée de sa main. Les dix sept syllabes constituent la structure poétique la plus commode à maîtriser : on peut l’appliquer aisément en se lavant le visage, en allant aux toilettes, en prenant le train. La facilité de l’usage de ces dix sept syllabes implique celle de devenir poète : il ne faut pas mépriser cette activité sous prétexte qu’elle est trop accessible et que la poésie exige une sorte d’initiation. Je pense que la commodité est au contraire une vertu qu’il convient de respecter.
(Oreiller d’herbes)
Jetée l’eau du vase
elle avait l’éclat du miel
Quelle beauté !
Bien qu’ébouriffé
le ramier reste digne
– vent d’avril
Tapies sous l’eau glauque
les carpes n’ont pas oublié
l’ombre du héron
j’avance d’un pas
un nouveau grillon se tait
– chants inaccessibles