hiver (5)

hiver (5)

Pas lent de mon père
si chancelant à mon bras –
nous avons mille ans

Il m’a demandé :
– Et ton père quand est-ce qu’il meurt ?
Et il m’a souri

Olivier Adam

Au fond il s’agit moins de décrire que de ressentir. L’écriture, nue à l’extrême, se dépouille de tout ce qui encombre pour se faire sismographe du moindre tressaillement. A fleur de peau, les yeux, les oreilles grands ouverts, il y a, là aussi leçon d’écriture : il faut rester à la surface, s’en tenir à l’épiderme, ne pas s’embourber dans les méandres de la psychologie, du ressassement, et ne se fier qu’aux signes, aux manifestations.
Préface à “la Lune et moi”. Ed Points 2011

Roland Barthes

Le haïku ne décrit jamais : son art est contre-descriptif, dans la mesure où tout état de la chose est immédiatement, obstinément, victorieusement converti en une essence fragile d’apparition (…)

hiver (4)

hiver (4)

Grondements du train
Les rails comme un trait d’oubli
Regrets étirés

Le train arrêté
à peine bougent ses lêvres
lisant son Coran

hiver (3)

Bercée par le train
Combien de temps ai-je dormi
Posée sur mon poing ?

En vain mes yeux cherchent
à lire le nom de la gare
déjà disparue

La vitre griffée
du train de banlieue 
éclats d’un rire africain